“empreinte du lion”, “aile d’hirondelle”… ces petits noms imagés désignent des carreaux de céramique qu’on rencontre très souvent dans les monuments et maisons traditionnelles de Tunisie.

Selon les historiens, la poterie en Tunisie remonte à l’époque de la préhistoire, puis avec l’arrivée des phéniciens, la poterie connaissait un essor, les phéniciens inventaient la tour du potier et produisaient une grande variété de porterie tournée : des amphores, des vases, des plats des brûles parfums, des masques, des statuettes en terre cuite, des vases biberons…

Après la destruction de Carthage en 146 avant J.C, les romains dominaient la Tunisie, la fabrication de la céramique ordinaire continue et une nouvelle technique apparaissait : la céramique sigillée à pâte rouge avec des décors en relief

Ensuite, c’est les byzantins qui fabriquaient des plats, des lampes avec un décor chrétien. Ils utilisaient surtout la croix et les scènes bibliques qui se trouvent aussi dans les carreaux de céramique. On peut observer par exemple la scène de sacrifice d’Abraham et Adam et Eve.

Les arabes apportaient de nouvelles techniques de poterie comme les glaçures et les oxydes métalliques utilisés par les Aghlabides. Un décor géométrique et floral a été adopté avec les couleurs : vert, brun et jaune.

Les hafsides ont connu pour la première fois la couleur bleue issue des oxydes de cobalt. Pendant l’époque des Hafsides la Tunisie a accueilli des milliers d’andalous qui ont apporté des nouvelles connaissances dans la fabrication de la céramique et de la poterie : qui ne connaît pas Sidi Kacem Jelizi et la céramique Cuerda seca.

C’est à partir de 1574 que les turcs ont importé la céramique d’Iznik très fine et à couleur bleue mais on possède des ateliers locaux qui produisent la céramique de Qallaline avec des motifs géométriques, floraux, animales… Mais il ne faut pas négliger l’apport des andalous qui ont continué à migrer vers la Tunisie.

Les carreaux de céramique tunisiens – “zliz” ou “jelliz” – sont omniprésents dans les vieux monuments et palais. Des motifs de diverses origines composent le répertoire des anciens céramistes de Tunis.

Quelques modèles, particulièrement familiers, portent des surnoms. En voici quelques-uns.

Maâdnoussi (“au persil”)

Sa couleur verte et la présence de tiges et feuillages ont valu son surnom de “persil” à ce carreau très populaire. Ce modèle serait, à l’origine, une copie de modèles espagnols, simplifié et stylisé par les céramistes tunisiens.

Afset essid (“l’empreinte du lion”) 

Ce carreau est un des plus courants. On l’utilise souvent pour encadrer les grands panneaux. Son motif se compose de palmes (ou feuilles d’acanthe) de couleur jaune et d’une petite rose des vents noire et blanche. Un modèle similaire était fabriqué à Barcelone.

Jneh khotifa (“aile d’hirondelle”)

Le plus simple des motifs traditionnels de zliz : un carré partagé en deux triangles unis. Ce motif élémentaire suffit à habiller un escalier ou une banquette maçonnée. Selon les différentes orientations des triangles, il peut procurer d’étonnants effets de mouvement.

Maqroudh (gâteau coupé en losanges)

Avec ses losanges allongés, ce carreau permet de varier le rythme des compositions. Dans sa simplicité, il rappelle les croisillons et les damiers qui ornaient les céramiques tunisiennes du Moyen Age.

Nejma (décor étoilé)

Caractéristiques de l’art hispano-mauresque, ces décors géométriques en étoile imitent les anciens décors de mosaïque de céramique – ceux qu’on peut admirer à l’Alhambra de Grenade ou dans les palais marocains.

Nawarat echchems (“fleur du soleil”)

Cette “fleur” est proche de la rose des vents, avec ses “pétales” bicolores blancs et noirs. Elle rappelle aussi les motifs étoilés hispano-mauresques.

 

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